Ethiolo, une collectivité rurale presque dépourvue d'infrastructures scolaires et sanitaires

Le président du Conseil rural (PCR) d’Ethiolo, Thiara Boubane, a déploré le manque d’infrastructures sanitaires et scolaires dans cette collectivité rurale située dans le sud-est de Kédougou, laquelle pourtant polarise 15 villages de 4200 habitants, demandant l’aide des autorités étatiques. ‘’Nous avons des problèmes de sensibilisation sanitaire, car les villages d’Ethiolo sont éloignés les uns des autres, et nous n’avons pas les moyens de transport pour y aller, car les routes sont accidentées’’, a t-il dit dans un entretien accordé à l’APS.

Il s’exprimait à l’occasion du deuxième passage, dans la région de Kédougou, de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) pour les enfants de 3 mois à 10 ans, entamée vendredi, et ce jusqu’au mardi.

Cette campagne est organisée par le Programme national de lutte contre le paludisme, dans les régions de paludisme saisonnier, où 60% des cas surviennent au cours d’une période maximale de quatre mois. A Ethiolo, elle cible 885 enfants.

Situé à 12 kilomètres de Salémata, la zone d'Ethiolo est le fief de l’ethnie Bassari. Elle est très prisée par les touristes, surtout durant les cérémonies d'initiation, a expliqué le PCR.

Mais ses habitants ‘’manquent de tout’’ et vivent dans des conditions difficiles, surtout pendant l’hivernage, puisqu’elle est enclavée, et les voies permettant d’accéder aux différents villages sont cahoteuses et parsemées de ravins.

Avec son fameux campement touristique ‘’Chez Balingo’’, Ethiolo est une localité aux habitations faites de cases, les seuls bâtiments en béton étant le poste de santé et le collège.

Le poste de santé ne comprend d'ailleurs que deux salles, l’une faisant office de bureau et de pharmacie et l’autre de salle d’accouchement.

Les malades, le plus souvent, sont hospitalisés dans une case ne pouvant pas accueillir plus de trois personnes.

Pour ce qui est des infrastructures scolaires, le seul collège existant dans cette localité est un bâtiment de deux salles de classe avec, à l'extérieur, trois abris provisoires en paille qui font office de salle de classe.

Selon le principal du collège, Boubacar Diallo, les élèves travaillent dans des conditions ‘’extrêmement difficiles’’. Chaque classe accueille au moins une cinquantaine d’élèves, indique-t-il. Les deux classes de sixième comptent près d’une centaine d'élèves chacune.

‘’Nous manquons de tout, nous n’avons ni documents pour les élèves ni table bancs, et dans ce collège la scolarisation des enfants est un réel problème, car leurs parents n’ont plus les moyens de leur payer leurs inscriptions’’, se désole-t-il.

En plus de cet état de fait, M. Diallo signale que les cas de grossesses précoces sont l’une des causes de l’abandon scolaire dans cette localité. S’y ajoute l’absence de cantines scolaires pour les élèves qui vivent à des kilomètres de l’école.

Le PCR a ainsi invité le gouvernement à relever le plateau technique de cette localité enclavée, par la construction d’infrastructures sanitaires et scolaires
pour ses 4200 habitants.



Auteur : MF/ASG
Source : aps.sn

Rubrique: Education Date: 09-Dec-2013

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